Mise à jour le Dimanche, 10 Janvier 2010 16:46 Écrit par Christophe BRISSIAUD Samedi, 09 Janvier 2010 23:26
1) Introduction Aux Armes 2) Les armes les plus populaires 3)Armes Peu Connues
L’équipe de rédaction remercie vivement monsieur Christophe BRISSIAUD, d’avoir mis à la disposition de nos visiteurs
un article sur les armes chinoises les plus célèbres.
1) Introduction Aux Armes
2) Les armes les plus populaires
3) Armes Peu Connues
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LE Sabres OU LE Shuang Dao
Le sabre est généralement utilisé seul mais il n'est pas rare de voir de magnifique taos réalisés avec 2 sabres (ou taos
au double sabre)! Il est l'un des arts les plus populaires en Chine… Les techniques de base dans cet art étant assez simples et efficaces, le sabre connu longtemps les faveurs des forces armées chinoises. Son usage requiert une grande force musculaire car il est censé évoquer la férocité d'un tigre fondant sur sa proie. Comme toutes les armes de taille de la Chine antique, le sabre visait avant tout à éliminer l'adversaire de manière immédiate et définitive.La poignée est généralement entourée d'un morceau de tissu servant à absorber la sueur pour une meilleure prise en main. Entre la lame et la poignée, une
garde faite d'un morceau de métal de forme ovale, empêche l'adversaire de trancher la main tenant le sabre. Avant, des rainure étaient gravées d'un côté de la lame afin de faciliter le jaillissement du sang ennemi et le retrait de la lame! Néanmoins, les sabres modernes diffèrent quelques peu des sabres anciens
ne serait ce que par leur poids: en effet les sabres modernes sont plus léger (1/2 kilo) afin de rendre leur maniement plus rapide et plus facile. De plus la lame est flexible dans sa partie terminale, si bien qu'il est possible, pendant les techniques de frappes, de percevoir un bruit métallique caractéristique.Il existe 2 grands types de sabres: les sabres du Sud et les sabres du Nord. Ceux du Nord (photo ci-dessus) sont les plus couramment utilisés. Ceux du Sud, disposent d'une lame droite, rigide et d'éléments supplémentaires au niveau de la poignée permettant une protection plus efficace.
LES Couteaux Papillons OU Hu Die Dao 
Les couteaux papillons sont à première vue de proches cousins des poignards... A première vue seulement! Ils possèdent un tranchant, et disposent de protections conséquentes au niveau des mains. On remarque également qu'ils possèdent la même particularité que les Tie
Chi à la base de leur lame; ainsi, on pense que comme pour les Tie Chi, certains experts étaient capables de bloquer la lame d'un sabre ennemi entre la lame et la garde du couteau papillon, puis, dans un mouvement de torsion, de briser le sabre!

LE Double Poignards OU Shuang Bi Shou
Les poignards sont toujours utilisés par paires. Ils sont de petites taille, généralement de 30 centimètres, et à double tranchant. Légers, faciles et agréables à manier en apparence, ils demandent pourtant autant d'effort que certaines armes lourdes!
Tie Chi Shuang Chi Check
Les sai (nom japonais sous lequel sont le plus connus les Tie Chi) sont souvent utilisés par paires et, dans les anciens temps, l'expert portait un 3ème sai à la ceinture (parfois dans le dos) au cas où il aurait perdu l'une de ces armes. Le sai est utilisé pour bloquer des attaques d'armes et pour
contre-
attaquer avec des
coups pouvant être portés avec n'importe quelle partie de l'arme. On raconte que certains maîtres étaient capables de bloquer la lame d'un sabre entre la lame et la garde du sai, puis, dans un mouvement de torsion, de briser le sabre!
Selon la légende, les sai, à l'origine, étaient de grandes épingles placées pour tenir le chignon des femmes! Epingles pouvant se transformer en armes mortelles! En fait, le sai serait plutôt un outil agricole ou de pêche… Cette arme d'une bonne cinquantaine de centimètres est souvent appelée à tort "dague d'Okinawa" sous prétexte qu'elle est plus utilisée en Kobudo (art martial Japonais) que dans les arts chinois.
Fléau Long ou Da Sao Zi
Le fléau long serait l'ancêtre du nunchaku japonais! Cette arme était utilisée dans le domaine agricole afin de battre le riz après les récoltes (tout comme le nunchaku!).
le Bâton ou Gunn
Le bâton est, avec la massue, l'une des armes les plus anciennes puisque l'homme des cavernes l'utilisait déjà pour se défendre. Placé entre des mains expertes, il peut devenir une arme particulièrement meurtrière. Au fil des siècles, son maniement et les techniques d'attaques et de défenses se sont affinées, et il est ainsi devenu une arme offensive de plus en plus efficace. C'est grâce aux moines de Shaolin que les techniques de combats se sont élaborées et affinées… C'était leur arme préférée et leur compagnon de voyage pendant leurs pèlerinages. Dans la Chine antique, l'usage des armes était réservé aux nobles et aux soldats: le bâton, qui n'était pas une arme à proprement parler, connut donc les faveurs de tous ceux qui n'étaient
ni aristocrates, ni militaires.
L'usage du bâton permet d'acquérir une meilleure coordination des mouvements des pieds, des mains et du buste. L'élève apprend ainsi à concentrer son énergie dans ses bras et son arme, afin de gagner en force et en rapidité. Le bâton mesure en moyenne 2 mètres de long, ce qui présente un avantage certain sur les armes courtes (il faut savoir que la taille du bâton varie généralement avec la taille et l'expérience du pratiquant). Utilisé à distance rapprochée, il perd bien évidemment de son efficacité, bien qu'il permette une grande variété
technique d'un point de vue des parades et des esquives. L'élève qui s'initie à l'art du bâton doit apprendre diverses prises, positions et mouvements fondamentaux… Il doit également assimiler des techniques de frappe, de parades, de poussées, d'attaques
et de désarmement. Il s'agit sûrement de l'une des armes présentant la plus grande richesse technique par le fait de son ancienneté... De plus, on peut utiliser différents bois selon comme on veut travailler ses techniques, mais de manière générale, un bâton de wu shu est souple et ne se rompt pas lorsqu'on le plie.
Epées ou Shuang Jian
Les épées sont souvent utilisées par paires et sont généralement considérées comme une arme plutôt féminine. Comme toutes les armes de taille, l'épée a été conçue comme une arme offensive. Elle se différencie du sabre par le simple fait que sa lame est droite et qu'elle a 2 tranchants. Les maîtres la considèrent comme l'arme ancienne la plus universelle et elle est considérer comme "la reine des armes courtes". L'épée comprend 3 parties: la pointe (tranchante et permettant de blesser l'adversaire), la partie centrale (moins tranchante, elle permet de se défendre et d'attaquer) et la partie la plus proche de la poignée (qui est plus rigide et sert à réaliser les blocages). La partie la plus tranchante permet de transpercer l'ennemi et de le tuer, mais elle peut aussi être utilisée pour tailler en force. La forme de la garde, placée entre la poignée et la lame, est différente de celle du sabre: elle a été conçue, non pour bloquer les coups adverses, mais pour les dévier.
Les techniques de
combat à l'épée sont extrêmement complexes: basées sur un travail de précision millimétrique, elles requièrent une parfaite coordination entre les mains, les pieds et le buste; ce dernier est tout entier impliqué dans le maniement de l'arme. La
stratégie du spadassin consiste à exploiter les esquives et les blocages de l'adversaire dans la contre-
attaque suivante. A l'origine, les maîtres apprenaient à utiliser 2 épées: l'une servait à immobiliser l'adversaire, l'autre à le tuer.
Le Bouclier ou Teng Pai
Le bouclier n'est jamais utilisé seul; il est toujours accompagné d'une épée, d'un sabre... c'est un "compagnon" que l'on voit de plus en plus souvent lors des combinés (combats préparés à l'avance) entre armes. Néanmoins, bien qu'il soit une protection utile, il faut savoir qu'il est assez encombrant lorsqu'on n'en a pas l'habitude; il demande un apprentissage un peu spécifique.
Anneaux de Feu ou Feng Huo Lun
Les anneaux de feu sont des armes plutôt utilisées dans certains styles internes. Ils sont toujours utilisés par paire.
La Lance ou Qiang
La lance est la "reine des armes longues", elle autorise des techniques et des applications bien supérieures à celles des autres armes: elle est légère et peut donc être manier avec rapidité et souplesse, comme la queue d'un dragon. Elle mesure un peu plus de 2 mètres, sa longueur variant selon la taille, le niveau et les exigences de chaque individu, et se divise en 3 parties: la pointe (ou tête), le panache et la hampe.
La tête a la forme d'un diamant. Elle est utilisée principalement dans la technique de frappe pour "poignarder" l'adversaire pendant les attaques en ligne droite. Dans les attaques circulaires, elle offre à la lance un
angle aussi tranchant qu'un couteau. Juste au-dessous de la pointe se trouve le panache qui, à l'origine, servait à absorber le sang des ennemis et l'empêchait de couler le long de la hampe, assurant ainsi une prise ferme. La hampe, enfin, est flexible: elle permet de frapper en coups de fouet et d'envelopper, par des mouvements circulaires, l'arme de l'adversaire; celui-ci peut ainsi être désarmé!
La lance est une arme extrêmement difficile à maîtriser… En outre, elle a un inconvénient: ce n'est pas une arme permettant de bloquer correctement les attaques d'armes lourdes comme les grands sabres, les hallebardes ou les haches.
Les sabres Crochets ou Gou
Les crochets, mesurant environ 90 cm, sont toujours utilisés par paires... Il s'agit d'une arme particulièrement dificile à manier en raison de ses irrégularités, mais qui est très apprécier lors des démonstrations en raison de sa forme étrange et de la difficulté technique qu'elle présente! Cette
arme propose de multiples surfaces de frappe; lorsqu'on la regarde, on dirait une sorte de mélange entre une canne (pour le
crochet à une extrêmité), une lance (pour la point à l'autre extrêmité) et une mini pointe de lance en dent de lune fixée à l'endroit où l'on saisit l'arme (partie rouge sur la photo)... Elle est une sorte d'arme hybride!
Hallebarde ou Zan Ma Dao
La hallebarde est l'arme "jumelle" du sabre long... Elle lui ressemble étrangement, et pourtant, elles n'ont pas du tout la même vocation; le sabre long servait au combat de type fantassin-cavalier tandis que la hallebarde, qui possède une lame large et presque aussi longue que son manche servait généralement au corps à corps pour tailler en force. C'est une arme demandant une grande énergie du fait qu'elle est assez lourde, et une bonne stabilité au sol car lors de mouvements rapides l'énergie cinétique est élevée du fait que la lame s'élargit à son extrêmité
.
La Chaîne ou Bian
La chaîne est divisée en plusieurs sections (entre 8 et 13, mais plus couramment 9)... C'est
une arme souple redoutable pouvant être utilisée par paire par certains experts. La chaîne demande, tout comme le bâton 3 sections, une grande maîtrise, du fait que les jonctions séparant les différentes sections ne sont jamais souples...
Sabre Long ou Chang Jiu Huan Dao
Le sabre long était une arme très répandue dans l'armée chinoise; à l'origine, il semblerait qu'il s'agissait d'une lame de sabre fixée au bout d'un bâton, utilisé par les fantassins, afin d'atteindre et de désarçonner les cavaliers ennemis sans prendre trop de risques; en effet, ceux-ci pouvaient se faire piétinner par le cheval, décapiter par les cavaliers.... C'est une arme assez proche de la hallebarde mais qui se différencie facilement de celle-ci; la lame du sabre long est plus petite que le manche et c'est une arme servant plutôt à combattre à distance comme le veut son usage d'origine... Les anneaux remarquables sur la lame servent à exprimer le Qi (prononcé Tchi), c'est à dire l'Energie, du pratiquant lors de mouvements en force.
Le Bâton 3 sections ou San Jie Gun 
Le tribâton fait partie de la famille des armes souples... c'est aussi une des plus difficiles à apprendre et à maîtriser en raison des sections qui ne vont pas toujours dans la direction désirée! Comme vous pouvez le remarquer sur le gros
plan ci-dessus, il y a des anneaux pour joindre les différentes sections (ce qui, évidemment, ne facilite pas vraiment le maniement); ce n'est pas toujours le cas: il arrive qu'il y est une jonction souple comme une solide corde, mais c'est assez rare (bien que plus facile à manier!)... Les bandes placées sur les différentes sections recouvrent une partie mettalique servant de point d'attache aux anneaux joignant les sections: ces bandes servent de protection pour le pratiquant lui évitant ainsi de se couper lors d'un tao. Ces bandes sont également utilisées afin d'éviter un craquement trop rapide du bois...
Éventail ou Shan
L'éventail serait originaire de la région de Yushan. Une des premières représentations de celui-ci peut s'observer sur une
théière en bronze datant des Royaumes Combattants (481-221 av. J.-C.). Cette théière a été trouvée durant des fouilles à Bai Hua Tan, dans la province du Sichuan. A l'origine, il semblerait qu'il s'agissait d'un objet composé d'une grande feuille ou de plusieurs feuilles tressées entre elles, voire de plumes, le tout fixé à un manche long.
Les
deux plus anciens éventails retrouvés ont été excavés d'une tombe à Jiangling dans le Hubei. Le premier était constitué de plumes et le second de bambou. Ils mesuraient plus de 1,70 mètre et étaient par des esclaves (pour des cérémonies religieuses?). A l'origine, leur utilisation consistait essentiellement à écarter la poussière et à protéger du soleil. L'éventail fait à base de plumes, utilisé très tôt dans l'histoire, a commencé à disparaître durant la période des dynasties du Nord et du Sud (317 - 589) ainsi que ceux appelés "éventail en queue de cerf" et "éventail à long manche".
En 1950, des fouilles à Liaoyang mirent à jour les premiers éventails peints. Les plus intéressants furent découverts à Cixian dans la tombe d'une princesse située dans la province du Hubei. Celle-ci fut datée de 550 av. J.C.. Durant la dynastie Tang (618 - 907) les éventails se transformèrent en se raccourcissant et en adoptant le bambou dans leur composition. La soie - grâce à l'essor d'une industrie du tissage importante que l'on connaît encore aujourd'hui - allait être appelé à remplacer progressivement le papier et le bambou. Celui-ci sera malgré tout sera conservé pour l'armature car ses propriétés physiques reste inégalées jusqu'à aujourd'hui! La soie - alliant finesse, résistance et légèreté - engendra un raccourcissement des manches d'éventails... Les avantages d'un tel raccourcissement me demanderez-vous? Un effort considérablement réduit pour s'éventer et l'éventail devenait un véritable compagnon propre à tout un chacun.
C'est sous la dynastie Song que les premiers éventails pliant font leur apparition à grande échelle. Une des plus vieilles représentations d'éventail pliant fut mise à jour à Wu Jing, dans une tombe datant des Song du Sud (1127 - 1279). On peut observer sur le couvercle laqué du cercueil, une femme tenant un éventail ouvert et, de son autre main, ouvrir (ou fermer) un autre éventail! Mais c'est surtout sous la dynastie Ming (1368 - 1644) qu'on voit apparaître la grande mode des éventails pliants car il semblerait que l'empereur Yong Le leur portait un intérêt tout particulier.
Pour en venir à l'aspect martial, l'éventail était très utilisé par les nobles pour se protéger de la poussière et se préserver de la sudation. Il fut donc une arme détournée de son utilisation première. Tout comme les anneaux de feu, l'éventail est surtout utilisé dans les styles internes (sutout en Taïji
Quan)... C'est une arme d'esthète avec une légère tendance féminine, un peu comme l'épée, mais il est rarement utilisé par paire.

L'éventail, comme on peut s'en douter, n'est pas une arme se prêtant à un déploiement de la force brute mais plûtot à l'utilisation de la souplesse, l'élasticité et la vitesse qui font les attributs du vent (souvent, les armes sont associées un symbole leur étant spécifique...). Aussi l'éventail est l'arme des fins techniciens utilisant les points vitaux ou vulnérables en acupuncture (une expression est souvent employé pour qualifier cette arme: "l'éventail qui enlève la vie"). L'éventail, en apparence si fragile et inoffensif, peut devenir une arme efficace voire dangereuse et mortelle! Naturellement la structure extérieure souple, arborant souvent des sinogrammes ou une représentation, cache des lamelles dures et rigides, souvent métallique aujourd'hui, mais idéalement en bambou. Cet objet fut l'apanage des lettrés, et il arrive qu'on en trouve avec des poèmes calligraphiés sur la soie qui sous-tend l'armature. Généralement, l'éventail utilisé par les hommes est beaucoup plus long que celui utilisé par les femmes. En outre, son maniement suppose d'abord un apprentissage du sabre et de l'épée car beaucoup de positions rappellent celles de ces deux armes courtes. Les coups appris dans les taos lus (enchaînements avec armes) à l'éventail sont parmi les plus pervers, pernicieux, voire carrément vicieux!
Il faut cependant remarquer la pauvreté de la palette technique qu'offre cette arme. Si l'on résume les possibilités d'attaques/défenses, on obtient: la
feinte (on prépare un coup caché derrière l'éventail), frapper (avec le "plat" de l'éventail), piquer (avec les bouts), bloquer (jusqu'à une certaine mesure) et couper (bien que ce dernier point soit souvent sujet à polémiques).
Replié, l'éventail s'utilise à la fois comme une épée, un sabre, une flûte et d'autres armes! Dans certains cas, il peut aussi cacher un mécanisme actionnant l'envoi de flèches empoisonnées. On dit aussi que complètement déplié, il peut aussi servir à trancher la gorge. On peut cependant imaginer la difficulté technique d'une telle prouesse (bien qu'il soit tout à fait possible de couper avec une simple feuille de papier).
Dao



